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Charles et Alice...ou les fruits d’un partenariat financier réussi.

Charles et Alice est aujourd’hui un acteur majeur du secteur des desserts aux fruits et le leader des compotes sans sucres ajoutés. Reprise de l’entreprise, investissement industriel, croissance externe, lancement de marque, développement international... son PDG, Thierry Goubault, nous explique le rôle du couple capital investissement / manager dans le parcours à succès du groupe, sur près de 10 ans.

Dans quelles conditions avez-vous repris l’entreprise en 2007 ?

A l’origine de Charles et Alice, il y a d’abord Charles Faraud, une entreprise créée en 1935, spécialisée dans les desserts pour la Restauration Hors Foyer. En 2007, en l’absence d’héritier, la famille fondatrice a décidé de vendre. C’est alors que CM-CIC Investissement, qui avait identifié l’opportunité, m’a proposé de les accompagner pour ce rachat. Nous nous connaissions depuis de nombreuses années et mes interlocuteurs souhaitaient s’appuyer sur un professionnel de la compote et des desserts de fruits, un secteur dans lequel j’avais travaillé auparavant. Très vite, en examinant le dossier, je suis arrivé aux mêmes conclusions que mes futurs partenaires. Nous avions affaire à une « belle endormie » qui avait peu investi au cours des dernières années mais évoluait sur un marché en forte progression. Le chiffre d’affaires de 25 M€ de CA à l’époque ne reflétait pas le potentiel réel de la société. Nous étions convaincus qu’en insufflant une nouvelle dynamique, nous pouvions faire de belles choses.

Une nouvelle dynamique qui passe par d’importants investissements dans l’outil industriel ?

L’idée était de chercher de la croissance là où elle se trouvait, c’est à dire sur le marché des Marques Distributeurs. Mais pour cela, nous devions augmenter nos capacités de production et effectuer un fort virage industriel. Il fallait en effet un outil capable de passer du marché en coupelle de la RHF au pot en plastique de la grande distribution, avec des cadences garantissant un prix compétitif. Ces importants investissements, en pleine crise financière, auraient été impossibles sans le soutien de CM-CIC Investissement. Le succès a été rapidement au rendez-vous grâce à cette montée en gamme et nous avons doublé notre chiffre d’affaires en 3 ans.

Un succès qui a ouvert vos appétits de croissance externe ?

Ce n’était pas dans notre business plan. Mais il se trouve qu’en 2010, une formidable opportunité s’est présentée. Le groupe allemand Hero souhaitait vendre sa filiale française très présente avec sa marque en GMS. Cela représentait une activité parfaitement complémentaire de ce que faisait Charles Faraud. Mais pour obtenir la préférence, il fallait se positionner très vite face aux autres repreneurs. Grâce à notre partenariat avec notre actionnaire investisseur, nous avons pu faire une offre en un temps record. L’acquisition s’est finalisée en 3 mois. Fin 2010, Charles Faraud double à nouveau sa taille.

A quel stade commence votre réflexion sur le changement de marque ?

Après cette nouvelle acquisition, la licence sur marque Hero ne nous était concédée que pendant 7 ans et la marque Charles Faraud ne nous semblait pas assez « gourmande ».

En 2011, nous avons donc décidé de relancer toutes les gammes sous la marque Charles et Alice. Mais bien entendu, il nous fallait investir fortement dans le développement de la notoriété de cette nouvelle marque. Une fois de plus, les moyens de nos actionnaires financiers ont été déterminants pour aller vite, avec notamment une campagne TV et le succès que l’on connaît.

Quelle est la prochaine étape ?

Notre nouveau challenge, au-delà du développement de la marque en France, c’est d’accélérer la croissance à l’international, et en particulier aux Etats-Unis. Dans ce contexte, dès 2013, un nouvel actionnaire, le fonds Equistone, a rejoint le Management et CM-CIC Investissement au capital. L’idée étant ici de s’implanter industriellement aux US, de mieux répartir les risques pour les investisseurs mais également de compléter le réseau international de CM-CIC Investissement avec un nouveau partenaire très présent au Royaume-Uni et en Allemagne.

L’aventure avec votre investisseur historique va donc au-delà de 10 ans.

C’est la particularité de cette structure qui investit sur ses fonds propres. Elle tient compte des cycles de croissance à moyen et long terme des entreprises industrielles.

Il est très important d’être accompagné par un partenaire qui s’inscrit dans la durée et qui partage votre état d’esprit de bâtisseur.

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