Groupe Schmidt et CM-CIC Investissement,
une rencontre qui donne de l’appétit.

Rencontre à la Une

Groupe Schmidt et CM-CIC Investissement, un partenariat qui cultive la tradition.

Avec ses deux marques historiques : Pierre Schmidt et Stoeffler, ce groupe familial centenaire est aujourd’hui le leader sur le marché de la charcuterie et des produits traiteurs du terroir alsacien. Petit-fils du fondateur, Pierre Schmidt (troisième du nom) nous explique comment il a hissé la petite charcuterie artisanale strasbourgeoise dans le TOP 6 des acteurs de la salaison en France.

Pierre Schmidt,
PDG du Groupe Schmidt

Quelles sont les origines de l’entreprise ?

Pierre Schmidt : L’histoire a commencé quand mon grand-père, Pierre Schmidt, a créé une boucherie artisanale dans le centre-ville de Strasbourg. Dans les années 60, mon père prénommé également Pierre, a initié la collaboration avec la distribution (les COOP d’Alsace) à travers une activité de gros. Lorsque j’ai intégré l’entreprise dans les années 70, nous avons décidé d’accélérer ce virage vers l’activité industrielle pour répondre à la demande croissante de la grande distribution. C’est l’époque où des chaînes comme U, Inter et Cora étaient en plein déploiement. Nous avons franchi un pas important en 1985 quand nous avons délocalisé notre usine du centre-ville dans la zone industrielle de Weyersheim. L’affaire s’est ensuite développée par rachats successifs. Parmi les plus significatifs, on peut citer Charcutiers d’Alsace en 1996, Roger Roposte en 1999 (spécialiste de la charcuterie pâtissière) et Stoeffler en 2008. C’est à ce jour notre plus grosse opération car ce concurrent historique faisait à peu près notre taille. Pierre Schmidt est aujourd’hui le leader de la charcuterie alsacienne au rayon coupe alors que Stoeffler est le n°1 en libre-service sur ce segment.

Quels sont vos produits-phares ?

P. S. : Nous avons une gamme assez large avec plus de 280 références. Nous produisons chaque année 35 000 tonnes de produits finis, à part égale entre charcuterie traditionnelle (knacks, palette fumée…) et charcuterie pâtissière (choucroute, pâtés en croûte, plats cuisinés et tartes flambées…).
Ces tartes flambées fraîches, les fameuses Flammekueche alsaciennes, sont de très loin notre produit leader, puisque nous en fabriquons 40 millions par an. Cela représente 10 000 tonnes et plus de 95 % de la production française. C’est également notre principale référence à l’export puisque 20 à 30 % de nos ventes se font à l’international. Ces produits connaissent un grand succès en Allemagne ou en Belgique, mais les marchés italiens et espagnols, où nous sommes référencés chez Carrefour et Lidl, affichent des résultats très encourageants.

L’international est l’une de vos priorités ?

P. S. : Clairement, même si nous sommes limités géographiquement en raison des DLC (dates limites de consommation) puisqu’il s’agit de produits frais. Notre chance est d’être basés en Alsace, ce qui nous permet d’accéder facilement aux marchés allemands, belges, suisses, anglais et scandinaves. N’oublions pas que nous sommes à 1 000 km de Brest mais à seulement 500 de Berlin ! Au-delà de la tarte flambée, nous envisageons donc d’exporter d’autres produits, essentiellement en charcuterie pâtissière.

Ce segment est pour vous prioritaire ?

P. S. : Oui car les marges y sont plus importantes. Et la charcuterie pâtissière est un domaine où il est beaucoup plus facile d’innover. Toutefois, nous cherchons également à développer de nouvelles gammes de produits alsaciens comme les Spätzle, les galettes de pommes de terre ou les gnocchis pour lesquels la demande est très forte.

Quelles sont vos relations avec CM-CIC Investissement ?

P. S. : Nous collaborons depuis 1998. À l’époque, il s’agissait de nous accompagner dans le rachat de Roger Roposte. Nous tenions à travailler avec des partenaires implantés localement, avec lesquels le contact est plus direct. Notre histoire commune a ensuite été marquée par une suite de sorties puis de retours au capital, au gré de nos besoins, preuve de la confiance qui nous lie.

L’arrivée de la quatrième génération de Pierre Schmidt est-elle envisagée ?

P. S. : Elle est déjà là puisque mes deux enfants, Pierre-Olivier et Alexia travaillent au sein de l’entreprise. Quant à savoir s’ils souhaiteront un jour reprendre l’entreprise, c’est très prématuré. Mais je souhaite de tout cœur que l’entreprise familiale se développe encore de très nombreuses années.

Les chiffres clés du Groupe Schmidt

  • 35 000
    tonnes fabriquées
  • 840
    salariés
  • 146 M€
    de chiffre d'affaires